
"Si nombreux que soient les gens médiocres, il ne faut pas qu'il aient le pouvoir de nous faire douter de ce qui les dépasse, et, pleinement convaincus du peu que valent tant d'hommes, nous ne devons jamais oublier ce qu'un homme peut valoir. Ainsi, nous ne nous détachons de la foule que pour nous offrir à l'élite ; nous ne diminuons le nombre de nos occasions d'aimer que pour en augmenter
l'importance l'expérience que nous acquérons ne nous sert qu'à concentrer notre foi. Un côté de notre âme est défense, mais l'autre est accueil. Cette attente des êtres inconnus est d'un charme immense."
"Il est un art de vivre et on peut l'apprendre", dit l'auteur. Ce livre y contribue
Abel Bonnard n'est pas seulement un poète et un esthète. C'est un observateur, qui jette sur notre société un regard plein de finesse. Écrit à une époque, qui nous paraît aujourd'hui complètement révolue, et qu'on baptisa les Années Folles, ce petit recueil de "Notes et Maximes" s'applique admirablement à notre temps.
Dans une langue admirable et pure, Bonnard découvre la figure de ce personnage mystérieux et sublime. Révélée par Giotto, sa silhouette a traversé les siècles.
Le Pauvre d'Assise (1182-1226), contemporain de saint Dominique et de Frédéric II, aura largement façonné l'imaginaire et la sensibilité du christianisme en occident. En plein XIIIe siècle, il invente, il popularise, par exemple, la crèche de Noël. Ses disciples franciscains répandront dans le monde entier un généreux idéal qui n'ira pas sans dérives. Lui-même réconciliait dans un élan magnifique l'intensité de sa foi chrétienne et l'amour de la Nature, le dévouement pour les pauvres et l'intuition de l'ordre cosmique. Certains y verront une des images de la sainteté que notre époque jugera les plus indiscutables, les plus conformes à ses besoins inavoués de spiritualité.•